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histoire de la pizza

Le Grand Traité de la Pizza : Histoire, Typologies et Art du Pizzaïolo

Par l’Académie du dirigeant CHR by OAFormation Lyon — Référentiel technique et historique à l’usage des professionnels, passionnés et candidats au CQP Pizzaïolo.

1. Archéologie du pain plat : De l’Antiquité méditerranéenne au panis focacius

L’histoire de la pizza ne débute pas au XIXe siècle dans les ruelles pavées de Naples, mais plonge ses racines dans les premières civilisations du bassin méditerranéen et du Croissant fertile. Dès lors que l’être humain a maîtrisé la mouture rudimentaire des céréales sauvages et leur mélange avec l’eau, la cuisson sur pierre chauffée par le feu a donné naissance au premier ancêtre de la pâte à pizza : une galette non levée, fonctionnelle et nutritive.

1.1 Les galettes rituelles en Égypte, Grèce et Perse

Dans l’Égypte antique, la célébration de l’anniversaire du Pharaon s’accompagnait de galettes assaisonnées d’herbes aromatiques. Les Grecs de l’Antiquité classique perfectionnèrent cette pratique avec le plakous (πλακοῦς), une pâte plate garnie d’ail, d’oignons, d’herbes sauvages, de fromage de chèvre et abondamment huilée. Au Ve siècle avant notre ère, les soldats de l’empereur perse Darius le Grand cuisaient sur leurs boucliers de bronze des pains plats recouverts de dattes et de fromage fondu lors des campagnes militaires.

1.2 Pompéi et le panis focacius romain

L’archéologie moderne a apporté des preuves matérielles indiscutables du lien direct entre Rome et la panification proto-pizza. À Pompéi et Herculanum, les fouilles ont révélé des dizaines de moulins et de fours à pain parfaitement conservés sous les cendres volcaniques de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. Les Romains confectionnaient le panis focacius (dont le terme dérive de focus, le foyer ou l’âtre), une galette cuite directement sur la cendre chaude.

Focus Historique : L’étymologie du mot « Pizza »

La plus ancienne mention écrite du mot « pizza » a été retrouvée dans un document notarié en latin médiéval rédigé à Gaète en 997 après J.-C.. L’acte stipulait que le locataire d’un moulin devait remettre chaque année à l’évêque local « duodecim pizze » (douze pizzas) le jour de Noël et douze autres le dimanche de Pâques. Le terme provient vraisemblablement du latin tardif pinsere (qui signifie « écraser », « étaler » ou « piler »), ou du mot lombard bizzo signifiant « bouchée » ou « morceau de pain ».

2. L’épopée napolitaine : Des lazzaroni à l’avènement royal de 1889

Si le pain plat garni est universel, la pizza moderne est incontestablement une invention napolitaine. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, la pizza à Naples était une préparation blanche (pizza bianca), assaisonnée de saindoux (strutto), de basilic, de poivre, de fromage râpé (caciocavallo ou pecorino) et parfois de petits poissons comme les anchois ou les alevins (cecenielli).

2.1 La révolution de la tomate : Du poison supposé à l’ingrédient roi

Importée des Amériques par les conquistadors espagnols au XVIe siècle, la tomate (Solanum lycopersicum) fut longtemps considérée en Europe comme une plante purement ornementale ou toxique, en raison de son appartenance à la famille des solanacées. C’est le peuple miséreux de Naples, les lazzaroni, confronté à des famines récurrentes, qui commença vers 1730 à étaler de la pulpe de tomate fraîche sur ses disques de pâte avant cuisson.

2.2 La naissance de la Pizza Margherita (Juin 1889)

À l’été 1889, le roi Umberto Ier et la reine Marguerite de Savoie séjournent au palais royal de Capodimonte à Naples. Désireuse de goûter ce mets populaire dont toute la ville parlait, la souveraine fit convoquer le plus réputé des pizzaïolos de l’époque : Raffaele Esposito, de la pizzeria Pietro e basta così (devenue aujourd’hui la célèbre pizzeria Brandì).

Esposito prépara trois créations pour la reine :

  • Une pizza blanche au saindoux, basilic et caciocavallo (la traditionnelle Mastunicola).
  • Une pizza à la tomate, à l’ail, à l’origan et à l’huile d’olive (la Marinara).
  • Une pizza patriotique reprenant les trois couleurs du drapeau italien unifié : le rouge de la tomate, le blanc de la mozzarella fraîche et le vert du basilic frais.

Séduite par cette dernière, la reine adressa une lettre de félicitations officielle au pizzaïolo. Esposito baptisa immédiatement son œuvre « Pizza Margherita », scellant pour toujours ce grand classique gastronomique mondial.

Point de Compétence Métier – CQP Pizzaïolo Lyon

Au-delà de la légende, la maîtrise d’une véritable Margherita napolitaine exige une rigueur technique sans faille : équilibre acido-basique de la tomate San Marzano DOP, taux d’humidité de la mozzarella (fior di latte égoutté pour éviter de détremper l’abaisse) et cuisson instantanée (60 à 90 secondes) à très haute température. Ces paramètres physico-chimiques font partie intégrante des modules pratiques dispensés au sein du CQP Pizzaïolo à Lyon par OAFormation.

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Tableau synoptique des principales matrices techniques de panification

Style de Pizza Hydratation moyenne Température de Sole Temps de Cuisson Spécificité Texturale
Napoletana STG 60% à 65% 430°C – 485°C 60 – 90 secondes Moelleuse, souple, corniche très alvéolée
Romana Tonda 55% à 58% 300°C – 320°C 3 à 4 minutes Extrêmement fine, friable, croquante (scrocchiarella)
Teglia / Al Taglio 75% à 85% 280°C – 300°C 8 à 10 minutes Base croustillante, mie aérée type focaccia
Néo-Napolitaine (Canotto) 70% à 78% (avec pré-ferment) 400°C – 430°C 75 – 100 secondes Corniche volumineuse, texture nuageuse très digeste

3. La mondialisation de la pizza : L’émigration aux USA et l’essor marseillais

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la crise économique et les bouleversements politiques poussent des millions d’Italiens du Sud vers l’exil. Dans leurs valises, ces migrants emportent leurs savoir-faire artisanaux. Deux foyers d’accueil vont transformer ce mets régional napolitain en phénomène planétaire : la côte Est des États-Unis et le bassin méditerranéen français, avec la ville de Marseille en tête de pont.

3.1 Little Italy et l’émergence du modèle américain

À New York, dans le quartier de Little Italy (Manhattan), les immigrés napolitains reproduisent d’abord leurs pains et leurs galettes dans des fours à charbon d’anthracite. En 1905, Gennaro Lombardi obtient la première licence officielle de pizzeria de la ville de New York sur Spring Street. Ses apprentis, notamment Antonio Totonno Pero et John Sasso, fonderont ensuite leurs propres enseignes mythiques (Totonno’s à Coney Island, John’s of Bleecker Street).

La pizza américaine adapte les ingrédients locaux : les farines du Midwest, très riches en protéines et en gluten, permettent de développer de très grands disques de 45 à 50 cm de diamètre. La vente « à la part » (by the slice) démocratise le produit auprès des ouvriers de Manhattan, fixant les bases du futur style new-yorkais.

3.2 L’arrivée en France par le port de Marseille

En France, l’histoire de la pizza commence bien avant Paris ou Lyon : elle s’enracine à Marseille dans les années 1930. Les immigrés napolitains installés autour du Vieux-Port ouvrent les premiers établissements fixes, dont le célèbre Chez Étienne dans le quartier du Panier. Les marchands ambulants parcourent les rues avec des triporteurs équipés de boîtes isothermes en cuivre chauffées au charbon de bois pour maintenir les portions au chaud.

C’est également à Marseille, au début des années 1960, que Jean Méritan invente le premier camion à pizza (food-truck avant l’heure), un concept qui va rapidement essaimer dans toute la région Rhône-Alpes et transformer les habitudes de consommation des Français, faisant de l’Hexagone l’un des plus gros consommateurs de pizzas au monde par habitant, juste derrière les États-Unis.

4. L’Encyclopédie des styles italiens : De la tradition STG à la néo-napolitaine

L’Italie ne possède pas une seule tradition de pizza, mais une mosaïque d’écoles régionales aux caractéristiques rhéologiques, thermiques et texturales radicalement distinctes. Un pizzaïolo professionnel doit maîtriser ces différences pour adapter sa carte et son outil de production.

4.1 La Pizza Napoletana STG (Spécialité Traditionnelle Garantie)

Codifiée par le cahier des charges officiel de l’AVPN (Associazione Verace Pizza Napoletana), la pizza napolitaine traditionnelle répond à des critères stricts :

  • Abaisse : Réalisée exclusivement à la main (le fameux geste du schiaffo) pour chasser l’air du centre vers la corniche (cornicione). L’usage du rouleau à pâtisserie est rigoureusement interdit.
  • Dimensions : Diamètre maximal de 35 cm, épaisseur centrale de 0,25 cm (± 10 %) et corniche surélevée de 1 à 2 cm.
  • Cuisson : Entre 430 °C et 485 °C pendant 60 à 90 secondes sur sole réfractaire au feu de bois.
  • Texture : Souple, élastique, facilement pliable en quatre (« portefeuille » ou a libretto).

4.2 La Pizza Romana Tonda (Scrocchiarella)

À l’opposé de l’école napolitaine, la pizza ronde romaine recherche une texture ultra-fine, sèche et cassante. Son empâtement intègre généralement entre 1 % et 3 % d’huile d’olive (ou d’huile de graines) pour lubrifier le réseau glutineux et favoriser le croustillant lors d’une cuisson plus lente (3 à 4 minutes à 300-320 °C). L’abaisse est souvent finalisée au rouleau (mattarello) pour éliminer totalement les alvéoles de gaz.

4.3 Pizza in Teglia alla Romana et Pizza al Taglio

Cuite dans des plaques en tôle bleue (teglie) huilées, cette spécialité se caractérise par une très forte hydratation (75 % à 85 %), une longue maturation au froid positif (24 à 72 heures) et une structure de mie très aérée, similaire à une ciabatta. La cuisson en deux temps (sole puis voûte) confère une base croustillante (croccantezza) capable de supporter des garnitures gastronomiques complexes ajoutées après cuisson.

4.4 La Pinsa Romana Moderne

Créée au début des années 2000, la pinsa moderne utilise un mix de farines spécifiques (blé tendre de force, farine de soja pour la structure et farine de riz pour la légèreté et la rétention d’eau), combiné à un taux d’hydratation de 80 % et à l’usage de levain déshydraté (pasta madre). Sa forme est typiquement ovale et sa mie offre un contraste saisissant entre une croûte friable et un cœur ultra-moelleux.

4.5 La Néo-Napolitaine Contemporaine (Style Canotto)

Portée par la nouvelle génération de pizzaïolos italiens, la pizza contemporaine pousse les limites de la biochimie :

  • Utilisation systématique de pré-fermentations (Biga à 100 % ou Poolish).
  • Hydratation élevée (68 % à 78 %).
  • Corniche hypertrophiée et soufflée (effet canotto, canot pneumatique), présentant des alvéoles géantes et une digestibilité maximale grâce à une dégradation enzymatique poussée des amidons.

Focus Atelier Pratique – CQP Pizzaïolo Lyon

La maîtrise de la Biga italienne à 100 % et la gestion du protocole de la néo-napolitaine requièrent un contrôle précis de la température finale de pâte. OAFormation intègre ce perfectionnement technique dans ses cursus certifiants à Lyon pour permettre aux futurs chefs d’entreprise de se positionner sur le segment porteur de la pizza gastronomique.

5. Styles américains et adaptations régionales contemporaines

En s’exportant outre-Atlantique, la pizza est devenue un élément central de la culture populaire américaine, donnant naissance à des variations régionales iconiques qui influencent aujourd’hui les concepts de restauration rapide et de street-food en France.

5.1 New York Style : Le standard mondial de la street-food

Diamètre imposant (45 cm), découpe en 8 larges pointes triangulaires faciles à plier longitudinalement. La pâte contient du sucre (pour favoriser la réaction de Maillard à des températures de four électrique de 260-290 °C) et de l’huile d’olive. La sauce tomate est assaisonnée d’origan séché, de poudre d’ail et de piment, recouverte d’un fromage râpé à faible taux d’humidité (Low Moisture Whole Milk Mozzarella) assurant un filant parfait sans relargage d’eau.

5.2 Chicago Deep Dish : La tourte gastronomique

Née dans les années 1940 chez Pizzeria Uno à Chicago, la Deep Dish ressemble à une tourte cuite dans un moule en acier à bords hauts (4 à 5 cm). La pâte, enrichie en semoule de maïs ou en beurre, acquiert une texture sablée et friable. Le montage est inversé pour éviter que le fromage ne brûle pendant les 35 à 45 minutes de cuisson : la mozzarella est déposée directement sur le fond de pâte, suivie de la saucisse italienne crue (salsiccia), puis d’une épaisse couche de tomates concassées en surface.

5.3 Detroit Style : Le profil carré à la croûte caramélisée

Conçue à l’origine dans des plateaux en acier rectangulaires utilisés sur les chaînes de montage automobile de Détroit, cette pizza épaisse et très hydratée est célèbre pour sa frico crust : une bordure de fromage (traditionnellement le Wisconsin brick cheese) pressée contre les parois métalliques brûlantes du moule, créant un liseré noir caramélisé et ultra-croustillant sur tout le pourtour.

5.4 Tableau comparatif des caractéristiques techniques internationales

Caractéristique Napoletana STG Néo-Napolitaine New York Style Detroit Style
Type de Farine Type 00 (W 260-300) Type 0 / 00 (W 320-360) High Gluten (W 300+) Farine de force (W 300)
Matière grasse ajoutée Aucune (0%) 0% à 1% (facultatif) 2% à 3% (huile) 2% à 4% (huile/beurre)
Agent sucrant Interdit Interdit 1% à 2% (sucre/malt) 0% à 1%
Maturation 8 à 24 h (Ambiante) 24 à 48 h (Froid/Biga) 24 à 72 h (Froid positif) 24 à 48 h (Froid positif)
Profil de Cuisson 450°C / 60-90 s 420°C / 90 s 280°C / 5-7 min 260°C / 12-15 min

6. Biochimie de l’empâtement : Farines, fermentations, Biga, Poolish et thermo-cinétique

La panification moderne en pizzeria ne relève pas de la simple recette de cuisine : c’est une science appliquée qui associe biochimie enzymatique, mécanique des fluides et thermodynamique. La maîtrise de ces paramètres distingue le simple exécutant du maître pizzaïolo certifié.

6.1 Rhéologie et caractéristiques de la farine : Comprendre le W et le rapport P/L

Le choix de la farine est la première décision stratégique de l’artisan. Elle est qualifiée principalement par l’alvéographe de Chopin, qui mesure la résistance et l’extensibilité d’une pâte sous pression d’air :

  • L’indice de force W : Il exprime le travail mécanique nécessaire pour déformer la pâte jusqu’à rupture. Plus le W est élevé, plus la farine contient de protéines insolubles (gliadines et gluténines) capables d’absorber de l’eau et de retenir le dioxyde de carbone (CO2) lors de longues fermentations.
    • Farines faibles (W 160 – 220) : Adaptées aux maturations directes courtes (4 à 8 heures à température ambiante).
    • Farines moyennes (W 240 – 280) : Idéales pour la pizza napolitaine traditionnelle en direct (12 à 24 heures).
    • Farines de force (W 300 – 380) : Indispensables pour les pré-fermentations (Biga), les très fortes hydratations (> 70 %) et les maturations longues au froid positif (48 à 72 heures).
  • Le rapport P/L (Ténacité / Extensibilité) : Un rapport équilibré pour la pizza se situe entre 0,50 et 0,60. Un P/L trop élevé (> 0,70) donne une pâte tenace, difficile à étaler et sujette au phénomène d’élastique (rétractation). Un P/L trop faible (< 0,45) produit une pâte trop collante, manquant de tenue et s’affaissant à la manipulation.

6.2 Enzymologie et maturation : Pourquoi le froid est la clé de la digestibilité

Il ne faut pas confondre fermentation (action des levures produisant du gaz et de l’alcool) et maturation (action des enzymes endogènes de la farine) :

  • Les amylases (alpha et bêta) : Découpent les molécules complexes d’amidon en sucres simples (maltose, glucose). Ces sucres servent d’aliment aux levures et participent directement à la caramélisation de la croûte (réaction de Maillard).
  • Les protéases : Fractionnent les chaînes polypeptidiques du gluten, rendant le réseau plus souple, plus extensible et infiniment plus digeste pour le consommateur final.

En plaçant l’empâtement en chambre froide régulée (entre 2 °C et 4 °C), l’activité fermentaire de la levure est ralentie au profit de la maturation enzymatique, évitant ainsi le ballonnement gastrique typique des pâtes sous-fermentées.

6.3 Protocoles de pré-fermentation : Biga vs Poolish

Paramètre Méthode Directe Poolish (Pré-ferment liquide) Biga Italienne (Pré-ferment solide)
Hydratation du pré-ferment 100% (eau = farine) 44% à 50%
Dosage levure (fraîche) 0,1% à 0,3% 0,1% à 0,5% sur le pré-ferment 1% sur le pré-ferment
Temps / Température 8 h à 24 h 12 h à 16 h à 18-20°C 16 h à 18 h à 16-18°C (ou 24-48 h au froid)
Profil aromatique et texture Arômes primaires de blé Acidité lactique/acétique fine, alvéolage fin et croquant Arômes complexes, alvéolage géant (canotto), digestibilité extrême

6.4 La règle thermo-cinétique de l’eau de coulage

La température finale de pâte en sortie de pétrin doit être comprise entre 23 °C et 25 °C. Pour y parvenir, le pizzaïolo applique la formule de la température de base (TB) :

Formule : T_eau = TB – (T_ambiante + T_farine + T_friction du pétrin)

Exemple pratique : Pour une TB cible de 55 °C avec une pièce à 22 °C, une farine à 20 °C et un pétrin à spirale échauffant à 9 °C :
T_eau = 55 – (22 + 20 + 9) = 4 °C (Nécessite l’usage d’eau glacée ou d’un refroidisseur d’eau professionnel).

7. Fours professionnels, thermodynamique et maîtrise de l’hygiène HACCP

La cuisson est la phase critique où l’énergie thermique fige la structure alvéolaire de la pâte tout en sublimant les matières premières. Le choix du matériel et la gestion des flux d’hygiène conditionnent la réussite économique de l’établissement.

7.1 Thermodynamique comparée des fours professionnels

La cuisson d’une pizza repose sur trois transferts de chaleur simultanés :

  • La Conduction : Transfert direct de la sole réfractaire vers le fond de pâte (essentiel pour le développement de la structure basale).
  • Le Rayonnement : Infrarouges émis par la voûte du four (dôme réfractaire ou résistances blindées supérieures).
  • La Convection : Circulation des masses d’air chaud et des fumées au-dessus du produit.

7.2 Sécurité alimentaire, PMS et application de la méthode HACCP en pizzeria

L’activité de pizzeria est soumise aux obligations strictes du Paquet Hygiène et du Plan de Maîtrise Sanitaire (PMS). Les principaux points de contrôle critiques (CCP) identifiés sont :

  • Rupture de la chaîne du froid : Stockage des mozzarellas, charcuteries et produits carnés entre 0 °C et +4 °C.
  • Gestion de la tournette / meuble à pizza : Maintien des bacs gastronormes réfrigérés en cours de service (< +4 °C) pour stopper la prolifération microbienne (notamment Listeria monocytogenes et Staphylococcus aureus).
  • Risques de contamination croisée : Séparation hermétique des zones souillées (épluchage des légumes, décartonnage) et des zones propres (façonnage, garnissage).
  • Gestion des allergènes : Affichage réglementaire des 14 allergènes majeurs (gluten, produits laitiers, poisson/anchois, fruits à coque).

Pour approfondir la réglementation sanitaire obligatoire en restauration commerciale, consultez notre formation Hygiène Alimentaire PIZZA à Lyon. Si votre concept intègre également la vente de boissons alcoolisées sur place ou à emporter, l’obtention préalable du Permis d’Exploitation obligatoire est requise par la réglementation.

8. Le marché de la pizza à Lyon : Rentabilité, excellence et parcours CQP Pizzaïolo

Capitale mondiale de la gastronomie, la métropole de Lyon compte parmi les scènes de restauration les plus dynamiques et exigeantes de France. Des pentes de la Croix-Rousse à la Presqu’île, en passant par Vaise et Gerland, la clientèle lyonnaise privilégie la traçabilité des produits, les méthodes artisanales et la régularité d’exécution.

8.1 Ingénierie financière et ratios de gestion d’une pizzeria

Une exploitation rentable repose sur une gestion rigoureuse des ratios d’exploitation :

  • Coût Matière (Food Cost) : Doit se situer entre 20 % et 26 % du chiffre d’affaires hors taxes. La farine et l’eau représentent un coût marginal (< 0,30 € par pâton de 250 g), tandis que les protéines (fromages AOP/DOP, charcuteries fines, huiles d’olive vierge extra) constituent le gros de la dépense.
  • Masse Salariale : Entre 30 % et 35 % du CA HT.
  • Marge Brute : Supérieure à 75 %, assurant une forte capacité d’autofinancement pour les investissements matériels (chambre de pousse, pétrin, four haute performance).

Le CQP Pizzaïolo à Lyon : La certification d’excellence par OAFormation

Le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Pizzaïolo est la certification officielle reconnue par la branche professionnelle de la restauration. Dispensé à Lyon par les formateurs experts d’OAFormation, ce cursus complet couvre l’ensemble des compétences indispensables au chef d’entreprise et à l’artisan pizzaïolo :

  • Technologie complète des farines, panification directe, Biga 100 % et Poolish.
  • Maîtrise gestuelle de l’abaisse manuelle et du façonnage napolitain / romain.
  • Conduite des cuissons au feu de bois, à sole électrique et au gaz.
  • Conception de cartes optimisées (Menu Engineering, principes d’Omnès).
  • Hygiène HACCP appliquée, PMS, traçabilité et réglementation CHR.

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