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Calcul du prix de vente en restaurant : sortir du « prix du voisin »

Restaurateur travaillant les prix de sa carte avec une calculatrice et ses factures

Beaucoup de cartes sont construites de la même façon : on regarde ce que pratiquent les restaurants du quartier, on se place un peu en dessous ou un peu au-dessus, et on imprime. Le problème, c’est que le voisin n’a ni votre loyer, ni vos fournisseurs, ni vos portions. Fixer ses prix sur ceux des autres, c’est confier sa marge au hasard.

Le prix de vente se construit à partir de votre coût. Le marché sert ensuite à vérifier que ce prix est acceptable, pas à le fixer. Cet article fait partie de notre série sur la rentabilité, construite avec Hélène Pezy (HP Conseil), experte gestion de L’Académie du Dirigeant CHR.

Le point de départ : le coût portion

Impossible de calculer un prix sans connaître le coût exact de ce que vous servez. C’est le rôle de la fiche technique. Dans notre exemple, un suprême de volaille, purée et jus revient à 3,60 € HT de matière par portion.

Le coefficient multiplicateur

Le coefficient multiplicateur est le chiffre par lequel on multiplie le coût matière pour obtenir le prix de vente HT.

Prix de vente HT = coût matière HT × coefficient

Le coefficient et le ratio coût matière sont les deux faces de la même pièce :

CoefficientRatio coût matière correspondant
2,540 %
333 %
3,529 %
425 %
520 %

Le bon coefficient n’est pas universel. Il découle de votre objectif de coût matière, lui-même calculé à partir de vos charges et de votre seuil de rentabilité.

Ne pas oublier la TVA

Le prix affiché sur votre carte est un prix TTC, service compris : c’est une obligation (arrêté du 27 mars 1987 relatif à l’affichage des prix dans les établissements servant des repas, denrées ou boissons à consommer sur place). Le calcul doit donc intégrer la bonne TVA :

Les taux applicables à la vente à emporter et à la livraison dépendent de la nature des produits : faites-les valider par votre expert-comptable.

Exemple complet

ÉtapeCalculRésultat
Coût matière portionfiche technique3,60 € HT
Coefficient viséobjectif 28 % de coût matière3,57
Prix de vente HT3,60 × 3,5712,85 €
Prix TTC (TVA 10 %)12,85 × 1,1014,14 €
Prix affichéarrondi psychologique14,50 €
Ratio coût matière réel3,60 ÷ (14,50 ÷ 1,10)27,3 %

Arrondir vers le haut plutôt que vers le bas, quand le marché le permet, c’est souvent quelques dizaines de centimes de marge en plus par assiette. Multipliez par le nombre de couverts annuels.

Le piège du pourcentage : raisonnez aussi en euros

Un ratio bas n’est pas toujours la meilleure affaire. Comparez ces deux plats :

Salade composéePièce de bœuf
Coût matière2,20 €7,50 €
Prix de vente HT11,00 €24,00 €
Ratio coût matière20 %31 %
Marge brute en euros8,80 €16,50 €

La salade a le meilleur ratio. Mais la pièce de bœuf laisse presque deux fois plus d’euros dans la caisse à chaque vente. Ce sont des euros, pas des pourcentages, qui paient le loyer. D’où l’intérêt d’appliquer des coefficients différenciés selon les catégories : plus élevés sur les produits à faible coût, plus modérés sur les produits nobles, pour garder des prix acceptables.

Quand recalculer ses prix

Et côté bar, la logique est la même, à la dose près : voir notre article sur le coût matière boissons.

L’experte gestion de l’Académie : Hélène Pezy – HP Conseil

Hélène Pezy aide les restaurateurs à construire une carte rentable, du coût portion au prix affiché, et peut prendre en charge le calcul de vos coûts et de vos marges.

📞 06 30 16 30 91 – 🌐 helene-pezy-consultante.fr

Vous ouvrez ou repensez votre restaurant ? L’Académie du Dirigeant CHR vous accompagne sur la conformité, la rentabilité et la clientèle. Parlons de votre projet : 06 18 42 82 53.

Questions fréquentes

Quel coefficient appliquer en restauration ?

Il n’y a pas de coefficient unique : il dépend de vos charges, de votre concept et de votre objectif de coût matière. Le calcul part toujours de votre situation, pas d’une moyenne du secteur.

Peut-on afficher des prix hors taxes ?

Non. Pour une clientèle de particuliers, les prix affichés en restauration sont des prix TTC, service compris.

Faut-il augmenter tous les prix en même temps ?

Pas forcément. Une hausse ciblée sur les plats dont le coût a vraiment augmenté est souvent mieux acceptée qu’une hausse générale.

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