Par Olivier Aubrun, fondateur d’OAFormation · Mis à jour en octobre 2026 · Lecture : 7 min
Vous avez trouvé quelqu’un de motivé, mais il n’a jamais tenu un poste de chef de rang ou de commis. Vous pouvez l’embaucher et le former sur le tas, en payant un salaire plein pour quelqu’un qui travaille à moitié pendant deux mois. Ou vous pouvez le faire former avant l’embauche, sans que ça vous coûte un euro, avec un dispositif de France Travail ou de votre OPCO. Trois existent. Voici lequel correspond à votre cas.
L’essentiel en 30 secondes
- POEI : un candidat, un poste, un contrat long à la clé. Financée par France Travail.
- AFPR : un candidat, un poste, un contrat plus court. Financée par France Travail.
- POEC : un groupe de candidats formés ensemble pour un métier en tension. Financée par l’OPCO, AKTO pour les hôtels, cafés et restaurants.
- Dans les trois cas, le candidat reste demandeur d’emploi pendant la formation, et vous ne lui versez pas de salaire.
1. Le principe commun : former avant de signer
Les trois dispositifs reposent sur la même idée. Un demandeur d’emploi inscrit à France Travail suit une formation, en centre et souvent en partie dans votre établissement, pour acquérir ce qui lui manque pour tenir le poste. Pendant cette période, il conserve son statut et son indemnisation éventuelle. Vous ne le payez pas. À la fin, vous l’embauchez, ou pas selon le dispositif, avec un salarié déjà formé à vos méthodes.
Ce qui change entre les trois : qui est à l’initiative, combien de personnes sont formées, quel contrat vous proposez ensuite, et qui finance.
2. La POEI : un candidat identifié, un contrat durable
La préparation opérationnelle à l’emploi individuelle part de vous. Vous déposez une offre auprès de France Travail, un candidat est identifié, et vous constatez qu’il lui manque des compétences pour tenir le poste : la cuisson, le service au plateau, l’hygiène, la caisse. France Travail finance une formation d’adaptation, en général de quelques dizaines à quelques centaines d’heures, dans la limite de 400 heures.
La contrepartie : vous vous engagez à l’embaucher à l’issue, sur un contrat durable. En pratique, un CDI ou un CDD d’au moins douze mois, ou un contrat en alternance. Les seuils exacts sont fixés par France Travail et peuvent évoluer : votre conseiller entreprise vous les confirme au moment du dossier.
C’est le dispositif qui convient à la pizzeria qui a trouvé son futur pizzaïolo, au restaurant qui veut faire monter un plongeur en cuisine, à l’hôtel qui recrute un réceptionniste de nuit. Pour un pizzaïolo, par exemple, la formation peut être la formation pizzaïolo de 21 heures ou le CQP Pizzaïolo : le détail côté employeur.
3. L’AFPR : même logique, contrat plus court
L’action de formation préalable au recrutement fonctionne comme la POEI, avec France Travail, pour un candidat identifié, jusqu’à 400 heures. La différence tient au contrat proposé à l’issue : l’AFPR s’applique quand le contrat envisagé est plus court, typiquement un CDD de six à moins de douze mois, un contrat de professionnalisation court, ou une mission d’intérim.
C’est le dispositif de la saison : vous recrutez pour avril à octobre, vous avez un candidat sérieux mais vert, vous le faites former en mars. Il arrive opérationnel le jour de l’ouverture de la terrasse.
Entre POEI et AFPR, ce n’est donc pas vous qui choisissez en fonction de vos goûts : c’est le contrat que vous proposez qui détermine le dispositif. Dites à votre conseiller ce que vous comptez signer, il vous dira lequel s’applique.
4. La POEC : plusieurs recrues, un métier en tension
La préparation opérationnelle à l’emploi collective change d’échelle. Elle est portée par l’OPCO de la branche, AKTO pour les hôtels, cafés et restaurants, en lien avec France Travail. Un groupe de demandeurs d’emploi est formé ensemble à un métier qui manque de bras, serveur, commis, employé polyvalent, pendant au plus 400 heures, avec des périodes en entreprise.
Pour l’employeur, la POEC n’impose pas d’engagement formel d’embauche. Elle vous donne accès à un vivier de personnes formées, que vous avez pu rencontrer pendant leur stage. C’est le dispositif d’une ouverture qui a besoin de huit personnes, d’une enseigne qui s’implante, ou d’un groupement de restaurateurs d’un même quartier qui recrutent en même temps.
Une POEC ne se monte pas pour un seul établissement avec un seul poste. Elle demande un volume, un calendrier et un montage avec AKTO plusieurs semaines en amont. Si vous êtes dans ce cas, appelez tôt.
5. La grille de décision
| Votre situation | Dispositif | Qui finance | Ce que vous vous engagez à faire |
|---|---|---|---|
| Un poste, un candidat, un CDI ou un CDD long | POEI | France Travail | Embaucher à l’issue sur le contrat prévu |
| Un poste, un candidat, un CDD de saison | AFPR | France Travail | Embaucher à l’issue sur le CDD prévu |
| Plusieurs postes identiques, ouverture ou enseigne | POEC | AKTO, avec France Travail | Accueillir les stagiaires, recruter dans le vivier |
| Un salarié déjà chez vous, à faire monter | Aucun des trois : plan de développement des compétences | AKTO | Déposer la demande avant la formation |
La dernière ligne compte : ces trois dispositifs concernent des demandeurs d’emploi. Pour former quelqu’un qui est déjà votre salarié, c’est votre plan de développement des compétences et une prise en charge AKTO, pas une POE.
6. Ce que les dossiers refusés ont en commun
En montant ces dossiers depuis des années, on voit toujours les mêmes causes de refus ou de retard :
- l’offre d’emploi n’est pas déposée, ou elle est déposée après le début de la formation. Tout part de l’offre ;
- le contrat prévu ne correspond pas au dispositif : un CDD de trois mois en POEI, par exemple ;
- le candidat n’est pas inscrit à France Travail, ou plus inscrit ;
- la formation n’a pas de lien clair avec le poste. Un programme « management » pour un poste de commis ne passe pas ;
- le tuteur en établissement n’est pas identifié. Pendant la partie en entreprise, quelqu’un doit encadrer. Et si la suite est un contrat en alternance, ce tuteur doit détenir le permis de former, obligatoire dans la branche HCR.
7. Ce qu’on fait pour vous
On ne décide pas à la place de France Travail ou d’AKTO. On fait le reste : analyse du poste, programme de formation adapté, devis et convention, lien avec votre conseiller entreprise, et formation elle-même, dans la cuisine pédagogique de Lyon 9e ou dans votre établissement. Puis, parce qu’un salarié formé qui part au bout de six semaines est un dossier pour rien, on vous aide à le garder : recruter et fidéliser une équipe en CHR.
Questions fréquentes
Le candidat est-il payé pendant la formation ?
Il conserve son statut de demandeur d’emploi et, selon sa situation, son allocation ou une rémunération de formation. Vous ne lui versez pas de salaire tant que le contrat n’est pas signé.
Que se passe-t-il si je n’embauche pas à la fin d’une POEI ?
Vous vous êtes engagé à le faire. Un non-recrutement doit être justifié, et il pèsera sur vos prochaines demandes. Ne montez une POEI que si vous êtes décidé.
Puis-je enchaîner une POEI sur un contrat de professionnalisation ?
Oui, c’est une configuration fréquente : la POEI prépare, le contrat en alternance forme à une certification, comme le CQP Pizzaïolo.
Combien de temps prend le montage ?
Plusieurs semaines pour une POEI ou une AFPR, davantage pour une POEC. Ne réservez pas de date de formation avant l’accord du financeur.
Et si mon établissement n’est pas à Lyon ?
La formation en centre se fait à Lyon 9e. La partie en établissement se fait chez vous, partout en Auvergne-Rhône-Alpes. Certaines formations peuvent se dispenser entièrement en intra.
Vous avez un candidat et un poste ?
Décrivez-nous le contrat que vous comptez proposer. En quinze minutes, on vous dit quel dispositif s’applique et ce qu’il faut pour le dossier.
Olivier Aubrun, fondateur d’OAFormation. Plus de 25 ans de terrain dans le CHR, formateur pour la CCI et la CMA Auvergne-Rhône-Alpes. OAFormation est certifié Qualiopi et référencé chez AKTO. Les conditions des dispositifs (durées, contrats, publics) sont fixées par France Travail et l’OPCO et peuvent évoluer : elles sont vérifiées avec votre conseiller au moment de chaque dossier.

