
Un local, un financement, un nom, un concept : la liste paraît sans fin et l’épuisement arrive vite. Pourtant, après plus de 25 ans sur le terrain, le constat est toujours le même : les restaurants qui ferment dans les deux premières années ont presque tous raté l’un des six points ci-dessous. Voici la liste, par ordre d’importance, avec ce qui est obligatoire et ce qui relève du bon sens de gestionnaire.
Pour le détail de chaque démarche (immatriculation, déclarations, licences, normes ERP), consultez notre guide complet : les démarches pour ouvrir un restaurant.
1. Une posture de chef d’entreprise, pas seulement de cuisinier
Beaucoup de restaurateurs ouvrent par passion de la cuisine ou de l’accueil. La passion fait venir les clients. Ce qui fait durer un restaurant, c’est la gestion : suivi de la trésorerie, maîtrise des stocks, recrutement, plannings, réponse aux réclamations, relation avec le banquier et le comptable.
Trois chiffres à connaître chaque semaine, dès l’ouverture :
- Le ratio matière : ce que vous coûtent vos achats de denrées par rapport à votre chiffre d’affaires. Voir notre article le calcul du ratio matières dans votre restaurant.
- La masse salariale, charges comprises, rapportée au chiffre d’affaires.
- Le seuil de rentabilité : combien de couverts par jour pour couvrir vos charges.
Côté équipe, les erreurs de contrat, de paie ou de licenciement sont parmi les plus coûteuses en restauration. Elles se règlent souvent devant le conseil de prud’hommes, des mois plus tard. Mieux vaut se former avant qu’après.
2. Le bon emplacement, et le bon bail
On tombe facilement amoureux d’un local. Avant de signer, posez-vous les bonnes questions : une rue piétonne très passante ne garantit rien, et un restaurant un peu excentré peut très bien fonctionner s’il a une clientèle captive (bureaux, zone d’activités, quartier résidentiel dense).
L’enquête de terrain
- Observez la rue à différentes heures : le midi en semaine, le soir, le week-end.
- Interrogez l’ancien exploitant sur sa fréquentation et, s’il s’agit d’une reprise, demandez les trois derniers bilans.
- Repérez la concurrence dans votre zone de chalandise, et ce qui y manque.
Les vérifications juridiques avant de signer
- La destination du bail doit autoriser la restauration, et le type de restauration prévu (avec cuisson, avec extraction).
- L’extraction des fumées : un conduit existe-t-il ? Le règlement de copropriété autorise-t-il son installation ? C’est l’un des premiers motifs d’abandon de projet.
- La licence : si vous voulez servir de l’alcool, quelle licence est attachée au fonds ? Une licence IV qui n’a pas été exploitée pendant cinq ans est périmée. Pour aller plus loin : licence de débit de boissons en Auvergne-Rhône-Alpes.
- Les normes ERP : sécurité incendie et accessibilité. Des travaux de mise en conformité peuvent faire exploser le budget.
3. Une assurance adaptée à votre activité
Un restaurant est une entreprise exposée à de nombreux risques : incendie, dégât des eaux, accident d’un client, intoxication alimentaire, vol, panne de chambre froide. Il vous faut au minimum :
- une multirisque professionnelle (locaux, matériel, marchandises) ;
- une responsabilité civile exploitation, qui couvre les dommages causés aux clients ;
- une garantie perte d’exploitation, qui compense la perte de chiffre d’affaires après un sinistre.
Beaucoup de contrats perte d’exploitation excluent la fermeture administrative, en particulier quand elle résulte d’un manquement à l’hygiène. Autrement dit, l’assurance ne couvre pas ce que la formation et le Plan de Maîtrise Sanitaire auraient pu éviter. Faites préciser ce point par écrit à votre assureur.
Comparez plusieurs offres tôt dans le projet : la prime doit figurer dans votre prévisionnel.
4. Une carte courte et maîtrisée
En restauration, moins c’est mieux. Une carte trop longue complique le travail en cuisine, multiplie les stocks et les pertes, et donne au client l’impression que tout ne peut pas être frais. Une étude célèbre, menée par les chercheuses Sheena Iyengar et Mark Lepper (université Columbia, 2000), a montré qu’un choix trop large peut décourager l’acte d’achat : face à trop d’options, on hésite, puis on renonce.
Concrètement :
- une carte courte, que vous pouvez tenir avec des produits frais ;
- une fiche technique pour chaque plat (grammages, coût de revient, allergènes) ;
- un plat du jour pour écouler les stocks et fidéliser les habitués.
Les fiches techniques vous servent aussi à respecter l’obligation d’information sur les 14 allergènes majeurs, que l’inspecteur de la DDPP vérifie systématiquement.
5. Les formations obligatoires
Pas de restaurant sans elles. Deux formations sont exigées par la loi, dans des cas précis.
| Formation | Quand est-elle obligatoire ? | Base légale |
|---|---|---|
| Permis d’exploitation (20 h) | Si vous servez de l’alcool, sous licence restaurant, licence III ou licence IV. À obtenir avant la déclaration en mairie. Valable 10 ans. | Code de la santé publique, art. L.3332-1-1 |
| Hygiène alimentaire en restauration commerciale (14 h) | Pour tout restaurant, qu’il cuisine ou non des produits d’origine animale : au moins une personne de l’établissement doit être formée, sauf dispense. | Code rural, art. L.233-4 · décret n° 2011-731 |
Dispense de la formation 14 h : diplôme figurant sur la liste officielle, ou trois ans d’expérience comme gestionnaire ou exploitant d’une entreprise du secteur alimentaire. Les autres salariés qui manipulent des denrées doivent recevoir des instructions ou une formation adaptées à leur poste (règlement (CE) n° 852/2004).
La formation hygiène 14 h doit être suivie auprès d’un organisme autorisé par arrêté préfectoral, avec des mises en situation en présentiel : la DDPP a confirmé par écrit qu’une formation 100 % en ligne ne remplit pas l’obligation. Depuis le 1er février 2026, l’attestation doit porter le numéro de l’arrêté préfectoral de l’organisme.
Le permis d’exploitation et la formation hygiène alimentaire d’OAFormation ne sont pas éligibles au CPF. La formation hygiène 14 h est en revanche finançable par France Travail pour les demandeurs d’emploi. Méfiez-vous des offres qui promettent un financement CPF sur ces formations.
Pour savoir dans quel ordre les placer dans votre projet : de l’idée au premier service, les formations réglementaires dans le bon ordre.
6. Une présence en ligne vivante
Créer une page Instagram ou Facebook puis l’abandonner fait plus de mal que de bien. Le client qui tombe sur une page vide depuis six mois se demande si vous êtes encore ouvert.
- Fiche Google à jour : horaires, photos, carte, lien de réservation. C’est souvent votre première vitrine.
- Publications régulières : plat du jour, arrivage, soirée spéciale, coulisses de la cuisine.
- Réponse à tous les avis, positifs comme négatifs. Un avis négatif bien traité rassure plus qu’une note parfaite. Voir notre article gérer la réputation de son restaurant.
Pensez aussi à Alim’confiance : les résultats des contrôles sanitaires y sont publiés et consultables par tous vos clients. Une bonne hygiène, c’est aussi une question d’image.
- Prévisionnel chiffré : ratio matière, masse salariale, seuil de rentabilité
- Bail avec la bonne destination, extraction possible, local conforme ERP
- Licence adaptée et vérifiée
- Assurances souscrites, exclusions lues
- Carte courte, fiches techniques et tableau allergènes
- Permis d’exploitation (si alcool) et formation hygiène 14 h
- Plan de Maîtrise Sanitaire en place, équipe formée à son poste
- Fiche Google et réseaux sociaux prêts pour l’ouverture
Se former à Lyon avant d’ouvrir
Permis d’exploitation
Programme officiel 20 h, en présentiel à Lyon ou en visioconférence. Attestation remise le jour de la validation, aide au Cerfa incluse.
Voir les datesHygiène alimentaire 14 h
2 jours, 100 % présentiel à Lyon 9e, dont mises en situation en cuisine pédagogique. Modèle de PMS adaptable inclus.
Voir les datesPack Ouverture Sérénité
Permis d’exploitation + hygiène alimentaire 14 h, au lieu de 779 €. Les deux formations obligatoires en une seule inscription.
Découvrir le packVous voulez être accompagné sur tout le projet, du prévisionnel au pilotage ? C’est le rôle de L’Académie du Dirigeant CHR.
Un projet d’ouverture à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Un appel pour faire le point sur ce qui est obligatoire dans votre cas.
06 18 42 82 53 Lire le guide complet des démarchesQuestions fréquentes
Quelles formations faut-il pour ouvrir un restaurant ?
La formation hygiène alimentaire de 14 h pour au moins une personne de l’établissement (sauf dispense), et le permis d’exploitation si vous servez de l’alcool. Aucun diplôme de cuisine n’est exigé.
La formation hygiène est-elle obligatoire si je ne cuisine pas de viande ?
Oui. L’obligation de 14 h concerne tous les établissements de restauration commerciale, quels que soient les produits travaillés. Un restaurant végétarien ou une crêperie y sont soumis comme une brasserie.
Le permis d’exploitation est-il obligatoire pour un restaurant ?
Oui, dès que vous servez de l’alcool, même uniquement avec les repas sous licence restaurant. Il doit être obtenu avant la déclaration en mairie et reste valable 10 ans.
Peut-on financer ces formations avec le CPF ?
Non. Le permis d’exploitation et la formation hygiène alimentaire d’OAFormation ne sont pas éligibles au CPF. La formation hygiène 14 h est finançable par France Travail pour les demandeurs d’emploi.
Mon assurance me couvre-t-elle en cas de fermeture administrative ?
Pas forcément. De nombreux contrats perte d’exploitation excluent la fermeture administrative, surtout lorsqu’elle est liée à un manquement à l’hygiène. Vérifiez vos conditions générales et faites-vous confirmer la couverture par écrit.
OAFormation (OAF SAS) · 6 rue du Marché, 69009 Lyon · 06 18 42 82 53 · contact@oaformation.com
Permis d’exploitation : organisme agréé par arrêté préfectoral n° 69-2024-10-08-000003 (Préfecture du Rhône). Formation hygiène alimentaire en restauration commerciale : organisme autorisé par arrêté préfectoral n° 2026/02-15 du 11 février 2026, modifié par l’arrêté n° 2026/06-36 du 12 juin 2026 (DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes). Certification Qualiopi n° 21800428-O-A-F. Déclaration d’activité n° 82691332369 auprès du préfet de région Auvergne-Rhône-Alpes.