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Un food truck, c’est un restaurant sur roues : moins de loyer, moins de personnel, et la liberté d’aller chercher le client là où il se trouve. Mais c’est aussi une cuisine de quelques mètres carrés, sans eau courante raccordée, soumise aux mêmes contrôles sanitaires qu’un restaurant. Voici les étapes à suivre, dans l’ordre, pour ouvrir un camion qui tienne la route, et le contrôle.
- Formation hygiène alimentaire 14 h : obligatoire. Le food truck fait de la restauration commerciale.
- Emplacement : aucune vente sur la voie publique sans autorisation de la mairie.
- Camion : carte grise au genre VASP après aménagement, installations gaz et électricité conformes.
- Alcool : la licence et la formation dépendent de la façon dont vous le vendez (à emporter, sur place avec repas, événements).
1. Trouver où vendre : la question qui décide de tout
Le premier réflexe des porteurs de projet, c’est de chercher un camion. C’est une erreur : un camion sans emplacement, c’est une cuisine au garage. Commencez par savoir où vous aurez le droit de vous installer.
Sur le domaine public
Pour stationner et vendre sur une place, un trottoir ou un parking public, il vous faut une autorisation d’occupation temporaire du domaine public délivrée par la mairie, contre une redevance. À Lyon comme dans la plupart des grandes villes, les emplacements sont limités et souvent attribués par appel à candidatures. Renseignez-vous auprès de la Ville avant d’investir.
Sur un terrain privé
Parking d’entreprise, zone d’activités, cour d’une brasserie, parking de supermarché : il faut l’accord écrit du propriétaire, idéalement sous forme de convention (jours, horaires, redevance, accès à l’électricité). C’est souvent là que se trouvent les meilleurs emplacements du midi.
Les événements
Marchés, festivals, mariages, séminaires : très rentables, mais saisonniers. Ils demandent un dossier par événement et, si vous vendez de l’alcool, une autorisation spécifique (voir plus bas).
S’installer devant un restaurant qui vend la même chose que vous, c’est se faire un ennemi le premier jour, et parfois perdre son emplacement au renouvellement. Choisissez un emplacement où vous complétez l’offre existante.
2. Le concept et la carte
Le nom de votre camion doit dire en un coup d’œil ce que vous vendez : le client le lit à 20 mètres, en marchant. Même logique pour la carte : 4 à 6 références maximum, un tableau lisible, des plats qui se préparent en moins de trois minutes. Le food truck vit du débit du midi : chaque minute gagnée par commande, c’est un client de plus avant 14 h.
Carte fixe ou plat du jour ? La carte fixe simplifie les achats et le coût matière. Le plat du jour fidélise les habitués. La plupart des camions qui durent combinent les deux : une base fixe et une suggestion qui tourne.
3. Le camion : aménagement et homologation
Aménager un food truck, c’est concevoir une cuisine professionnelle dans quelques mètres carrés. Partez de votre carte : une friteuse et un four pour des pizzas ou des frites, un grand volume froid pour des sandwichs préparés. Pour la logique d’implantation, voir notre article aménagement d’une cuisine professionnelle.
La carte grise VASP
Un véhicule transformé en cuisine doit être homologué comme VASP (véhicule automoteur spécialisé). Le carrossier qui aménage le camion doit fournir les documents de conformité, et la carte grise doit être modifiée en conséquence. Sans cette homologation, vous risquez un refus au contrôle technique et des difficultés avec votre assureur en cas de sinistre. Vérifiez aussi le permis nécessaire : au-delà de 3,5 tonnes, le permis B ne suffit plus.
Ce que l’hygiène impose dans le camion
- Un lave-mains à commande non manuelle, avec eau chaude et froide, savon et essuie-mains à usage unique.
- Une réserve d’eau potable suffisante et une cuve séparée pour les eaux usées, à vider dans un lieu prévu à cet effet, jamais dans le caniveau.
- Des surfaces lisses, lavables et désinfectables.
- Des enceintes froides dimensionnées pour votre volume, avec un thermomètre.
- Un emplacement pour les déchets, fermé.
Le détail est dans notre article les attentes en hygiène pour les food trucks.
Où stockez-vous vos marchandises la nuit ? Où préparez-vous vos sauces, vos pâtes, vos garnitures ? Où nettoyez-vous vos bacs ? Si une partie de la préparation se fait hors du camion, ce local (laboratoire, cuisine louée) doit lui aussi respecter les règles d’hygiène et être déclaré. Une cuisine de particulier ne convient pas.
La caisse
Si vous êtes assujetti à la TVA, votre logiciel ou système de caisse doit être certifié (article 286 du Code général des impôts). Une solution sur tablette convient très bien, à condition qu’elle dispose de cette certification.
4. Les démarches administratives
- Immatriculation de l’entreprise via le guichet unique de l’INPI.
- Carte de commerçant ambulant : obligatoire si vous vendez en dehors de la commune où est domiciliée votre entreprise. Elle est valable 4 ans.
- Déclaration auprès de la DDPP de votre activité de manipulation de denrées alimentaires (Cerfa n° 13984), pour le camion et, le cas échéant, pour votre local de base.
- Autorisations d’emplacement auprès de chaque mairie concernée, ou conventions avec les propriétaires privés.
- Assurances : véhicule, responsabilité civile professionnelle, matériel.
- Formation hygiène 14 h et, selon votre projet, formation liée à la vente d’alcool (voir ci-dessous).
Côté fiscal, les ventes à consommer immédiatement relèvent en règle générale du taux de TVA de 10 %, les boissons alcoolisées de 20 %. Faites valider votre grille par votre expert-comptable dès le prévisionnel. Pour convaincre votre banque, voir notre article comment persuader son banquier.
5. Les formations obligatoires
La formation hygiène alimentaire 14 h : obligatoire pour tout food truck
Le food truck fait partie de la restauration commerciale. Au moins une personne de l’entreprise doit donc être formée à l’hygiène alimentaire (14 h), auprès d’un organisme autorisé par arrêté préfectoral, sauf dispense : diplôme figurant sur la liste officielle, ou trois ans d’expérience comme gestionnaire ou exploitant d’une entreprise du secteur alimentaire. Base légale : article L.233-4 du Code rural, décret n° 2011-731 du 24 juin 2011.
En food truck, cette formation est d’autant plus utile que les conditions sont difficiles : chaleur en été, volume froid limité, eau comptée, service sous pression. Le contrôle sanitaire, lui, ne fait aucune différence entre un camion et un restaurant. Vous devrez tenir un Plan de Maîtrise Sanitaire adapté à votre activité : relevés de températures, traçabilité, nettoyage, allergènes. Pour savoir ce que vérifie l’inspecteur : le contrôle sanitaire par la DDPP.
La DDPP l’a confirmé par écrit : une formation hygiène 14 h entièrement à distance ne satisfait pas l’obligation. Les mises en situation pratiques exigent la présence physique des stagiaires et du formateur. Vérifiez aussi que votre attestation porte le numéro d’arrêté préfectoral de l’organisme, obligatoire depuis le 1er février 2026.
Vendre de l’alcool depuis un food truck : trois cas à distinguer
C’est le point le plus encadré de l’activité, et le plus souvent mal expliqué. Tout dépend de la manière dont vous vendez.
| Votre situation | Ce qu’il faut | Formation |
|---|---|---|
| Bière, vin servis avec les repas, consommés sur place | Licence restaurant (petite ou grande), déclarée en mairie | Permis d’exploitation obligatoire |
| Alcool vendu à emporter | Licence à emporter (petite ou grande), déclarée en mairie | Permis de vente de boissons alcooliques la nuit, uniquement si vous vendez entre 22 h et 8 h |
| Buvette ponctuelle sur un événement | Autorisation de débit temporaire délivrée par le maire, limitée aux boissons des groupes 1 et 3 | Selon les conditions fixées par la mairie |
Source : Code de la santé publique, articles L.3331-2 à L.3331-4 (licences restaurant et à emporter), L.3332-1-1 (permis d’exploitation), L.3334-2 (débits temporaires). Les règles d’exploitation d’une licence par un commerce ambulant varient selon les communes : faites valider votre situation par la mairie avant d’acheter votre stock.
Si vous ne vendez aucune boisson alcoolisée, vous n’avez besoin ni de licence ni de permis d’exploitation.
6. Budget, communication et vision à long terme
Le budget
L’investissement va de quelques dizaines de milliers d’euros pour un camion d’occasion déjà aménagé à plus de 100 000 € pour un véhicule neuf sur mesure. Pour tester un concept à moindre coût, une remorque ou un stand démontable peuvent être un premier pas. Prévoyez surtout une trésorerie de sécurité : une panne de camion, c’est zéro chiffre d’affaires jusqu’à la réparation, et un mois de pluie se ressent immédiatement.
La communication
Votre camion est une affiche qui roule, mais ça ne suffit pas. Vos clients doivent savoir où vous êtes aujourd’hui : publiez chaque matin votre emplacement et votre plat du jour sur Instagram et Facebook, tenez à jour votre fiche Google, et affichez votre planning de la semaine sur le camion.
La suite
Pour beaucoup, le food truck est une première étape : il permet de tester un concept et de se constituer une clientèle avant d’ouvrir un restaurant. Fixez-vous des objectifs à 3 et 5 ans : un deuxième camion, un local, une activité traiteur. Si votre projet évolue vers un établissement fixe, notre guide les démarches pour ouvrir un restaurant prend le relais.
- Emplacements autorisés (mairie ou convention privée)
- Camion homologué VASP, installations gaz et électricité vérifiées
- Lave-mains eau chaude, eau potable, cuve eaux usées
- Entreprise immatriculée, carte de commerçant ambulant si besoin
- Déclaration DDPP (camion + local de base)
- Formation hygiène 14 h et PMS en place
- Si alcool : bonne licence et bonne formation
- Caisse certifiée, assurances souscrites
Se former à Lyon avant de lancer votre camion
Hygiène alimentaire 14 h
2 jours, 100 % présentiel à Lyon 9e, dont mises en situation en cuisine pédagogique. Modèle de PMS adaptable inclus.
Voir les datesPermis d’exploitation
Programme officiel 20 h, en présentiel à Lyon ou en visioconférence. Pour servir bière ou vin avec vos repas.
Voir les datesPack Ouverture Sérénité
Permis d’exploitation + hygiène alimentaire 14 h, au lieu de 779 €. Pour un food truck qui sert à manger et à boire.
Découvrir le packLe permis d’exploitation et la formation hygiène alimentaire ne sont pas éligibles au CPF, quoi qu’en disent certaines publicités. La formation hygiène 14 h est en revanche finançable par France Travail pour les demandeurs d’emploi, un cas fréquent chez les créateurs de food truck.
Un projet de food truck à Lyon ou en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Un appel pour savoir quelles formations vous concernent vraiment.
06 18 42 82 53 Télécharger l’infographie « 8 étapes »Questions fréquentes
La formation hygiène 14 h est-elle obligatoire pour un food truck ?
Oui. Le food truck relève de la restauration commerciale : au moins une personne de l’entreprise doit être formée, sauf dispense (diplôme de la liste officielle ou trois ans d’expérience comme gestionnaire ou exploitant dans le secteur alimentaire).
Faut-il le permis d’exploitation pour un food truck ?
Uniquement si vous servez de l’alcool à consommer sur place avec les repas, sous licence restaurant. Pour la vente d’alcool à emporter, c’est le permis de vente de boissons alcooliques la nuit qui s’applique, et seulement si vous vendez entre 22 h et 8 h. Sans alcool, aucun des deux n’est nécessaire.
Peut-on s’installer n’importe où avec un food truck ?
Non. Sur la voie publique, il faut une autorisation d’occupation du domaine public délivrée par la mairie. Sur un terrain privé, il faut l’accord du propriétaire. Vendre sans autorisation expose à une verbalisation et à l’obligation de quitter les lieux.
Faut-il une carte de commerçant ambulant ?
Oui, si vous exercez en dehors de la commune où votre entreprise est domiciliée. Elle est valable 4 ans.
Peut-on préparer ses produits à domicile ?
Non. Les préparations faites hors du camion doivent l’être dans un local professionnel conforme aux règles d’hygiène et déclaré auprès de la DDPP : laboratoire, cuisine professionnelle louée ou partagée.
Peut-on financer les formations avec le CPF ?
Non. Le permis d’exploitation et la formation hygiène alimentaire d’OAFormation ne sont pas éligibles au CPF. La formation hygiène 14 h est finançable par France Travail pour les demandeurs d’emploi.
OAFormation (OAF SAS) · 6 rue du Marché, 69009 Lyon · 06 18 42 82 53 · contact@oaformation.com
Formation hygiène alimentaire en restauration commerciale : organisme autorisé par arrêté préfectoral n° 2026/02-15 du 11 février 2026, modifié par l’arrêté n° 2026/06-36 du 12 juin 2026 (DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes). Permis d’exploitation : organisme agréé par arrêté préfectoral n° 69-2024-10-08-000003 (Préfecture du Rhône). Certification Qualiopi n° 21800428-O-A-F. Déclaration d’activité n° 82691332369 auprès du préfet de région Auvergne-Rhône-Alpes.

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